Sainte-Suzanne : un budget 2026 voté à l’équilibre malgré le déficit

Sainte-Suzanne : un budget 2026 voté à l’équilibre malgré le déficit

Adopté à l’équilibre malgré un déficit de 12 millions d’euros, le budget 2026 de Sainte-Suzanne suscite des interrogations de l’opposition, qui pointe un décalage avec les orientations budgétaires initiales. La nouvelle majorité fixe un cap de redressement sur quatre ans.

Le conseil municipal de Sainte-Suzanne a adopté, ce lundi 4 mai 2026, le budget primitif de la commune pour l’année à venir. D’un montant global de 52,75 millions d’euros, ce budget s’inscrit dans un contexte financier contraint, marqué par un déficit estimé à 12 millions d’euros hérité de la précédente mandature.

Un budget à l’équilibre malgré un lourd héritage

Dans le détail, le budget 2026 repose sur deux grandes sections. La section de fonctionnement s’élève à 42,91 millions d’euros en dépenses comme en recettes, tandis que la section d’investissement atteint 9,84 millions d’euros, également à l’équilibre. Malgré les difficultés financières mises en avant ces dernières semaines, la municipalité a respecté l’obligation légale de présenter un budget équilibré.

Le maire, Alexandre Laï-Kane-Cheong, a rappelé en séance que ce principe ne relevait pas d’un choix politique mais « d’une contrainte réglementaire ». « Il est illégal d’adopter un budget en déséquilibre », a-t-il insisté, tout en soulignant la volonté de la nouvelle équipe de « se retrousser les manches » pour redresser la situation financière de la commune.

La majorité municipale affiche ainsi un cap clair : un retour à l’équilibre sur quatre ans, appuyé notamment par un plan de redressement et par le recours potentiel au Contrat de redressement Outre-mer (COROM), qui pourrait permettre de mobiliser entre 2 et 3 millions d’euros sur la période 2026-2029.

Tenir sans augmenter les impôts

Dans ce contexte, la municipalité a fait le choix de ne pas alourdir la pression fiscale. Les taux des taxes locales restent inchangés par rapport à l’année précédente, avec une taxe foncière sur les propriétés bâties fixée à 47,60 %, une taxe foncière sur le non bâti à 36 % et une taxe d’habitation à 29,75 %. Une décision saluée par l’opposition, même si certaines interrogations subsistent quant à sa pérennité, notamment en cas d’activation du COROM.

L’élue d’opposition Emilienne Ilamoucha a ainsi pris acte du gel des impôts, tout en s’interrogeant sur la capacité de la majorité à maintenir cet engagement dans la durée. En réponse, le maire a réaffirmé sa volonté de ne pas faire porter aux contribuables le poids des difficultés financières. « Ce ne sont pas nos citoyens qui doivent payer les conséquences de la gestion passée », a-t-il déclaré.

Une lecture divergente de la situation financière

Les débats ont toutefois été marqués par plusieurs critiques de l’opposition, notamment sur la cohérence entre le débat d’orientations budgétaires et le budget présenté. Daniel Alamélou a évoqué un « contraste » entre des orientations jugées alarmantes et un budget finalement équilibré, laissant entendre que la situation pourrait être moins dégradée qu’annoncé. Dans la même veine, Eddy Balbine a pointé un écart important entre les projections initiales et le document soumis au vote, allant jusqu’à s’interroger sur un éventuel risque de rejet par les services de l’État.

Autre sujet de débat, les subventions allouées aux structures locales. Le budget prévoit une enveloppe globale de 2,7 millions d’euros pour le CCAS et la Caisse des écoles, ainsi que 488.000 euros pour les associations et 146.000 euros dans le cadre de la politique de la ville. Toutefois, l’absence de détail sur la répartition de ces aides a suscité des inquiétudes, certains élus redoutant un décalage dans le versement des financements.

Chargé du dossier, Pascal Tailamée a assuré qu’un important travail d’analyse était en cours. Il a précisé que 83 associations avaient déposé une demande de subvention en 2026, contre plus d’une centaine l’année précédente, et que la municipalité entendait désormais attribuer les aides de manière plus rigoureuse, en fonction des besoins réels et de l’intérêt pour le territoire.

La masse salariale au cœur des ajustements

La question de la masse salariale et de la gestion du personnel communal a également animé les échanges. La conseillère municipale Julie Blainville a relevé une baisse de plus de 640.000 euros entre les orientations budgétaires et le budget primitif, demandant des explications sur cet écart. En réponse, le maire a évoqué une stratégie d’optimisation des ressources humaines, fondée sur une meilleure organisation des services et un redéploiement des compétences.

Face aux inquiétudes exprimées sur la situation des agents, notamment concernant les contrats à durée déterminée, Alexandre Laï-Kane-Cheong a tenu à rassurer. Il a affirmé qu’ »aucune chasse aux sorcières » n’était engagée et que les non-renouvellements constatés correspondaient à des fins de contrat, tout en assurant qu’un accompagnement serait proposé aux agents concernés.

En adoptant ce premier budget, la majorité municipale envoie un signal de maîtrise et de continuité dans ses engagements. Mais les débats en séance montrent que la trajectoire financière de la commune continuera d’être scrutée de près par l’opposition comme par les services de l’État.

Source : Zinfos974

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